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18 mars 2013
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Eléments de Magnétisme

Dans ce chapitre nous allons tenter une gageure, celle d'expliquer pourquoi certains matériaux ont des propriétés magnétiques particulières. En effet après avoir visionné des dizaines d'ouvrages de physique, qu'ils soient écrits par un prix Nobel ou un simple enseignant de lycée, nous restons sur notre faim, aucun n'a été capable de nous donner une explication crédible et compréhensible du magnétisme. Alors nous allons tenter une explication.

l'atome isolé un cas simplement théorique
l'atome ferromagnétique la différence
le solide ferromagnétique les deux cas de figure
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l'atome isolé

Dans un autre chapitre au début de ce module de physique et d'électronique nous avons donné quelques éléments concernant la structure de l'atome, nous allons y revenir ici. Considérons donc un atome isolé, ce qui est donc une situation purement théorique puisqu'il nous est impossible d'observer un atome isolé, le seul fait de nous approcher suffisamment près de lui pour l'observer entrainant dde fait qu'il ne soit plus isolé et donc qu'il soit perturbé par notre approche. Une image classique quoique très approximative, comme on va le voir, consiste à dire qu'un tel atome a une structure (ou une configuration) s'apparentant au système solaire. Cette image destinée à impressionner le béotien est malheureusement inexacte sur bien des points. Dans un atome on distingue en effet des électrons que cette image assimile à nos planètes et un noyau qui serait donc comme le soleil.

Les différences essentielles proviennent de deux éléments : d'une part, tous les électrons ont des propriétés dimensionnelles semblables et sont chargés électriquement d'une même charge élémentaire négative ce qui les différentie sensiblement des planètes qui sont non chargées et toutes de taille différente, d'autre part, le noyau de l'atome est constitué de nombreuses particules en mouvement, mais il est d'une grande densité puisque son volume est sensiblement équivalent à celui d'un électron, alors que notre soleil a sensiblement un rayon 100 fois supérieur à celui de la terre (soit un volume 1300000 fois plus important). La comparaison est donc très simpliste.


Dans le cas d'un atome isolé il y a cependant un élément de comparaison que l'on peut admettre comme équivalent c'est la stabilité des trajectoires des mobiles autour du noyau central. En effet dans notre système solaire, depuis Kepler, on sait déterminer avec une grande précision les mouvements des planètes, à tel point qu'on peut à une date précise lancer vers l'espace une fusée dont on sait que sa trajectoire l'amènera quelques années plus tard (à une date parfaitement connue à l'avance) à s'écraser sur Vénus. Dans l'atome isolé il en est de même, chaque électron possède un état énergétique défini par quatre nombre quantiques dont il résulte une trajectoire parfaitement définie (en forme d'ellipsoïde de révolution pour les plus énergétiques et de sphère pour les plus proches du noyau) mais que nous ne pouvons évidemment suivre. En fait, compte tenu de ce que nous savons des lois de la mécanique et de l'électromagnétisme, il est clair que les trajectoires relatives de chacun des électrons de notre atome isolé ne sont pas indépendantes les unes des autres. En d'autres termes si pour une raison ou une autre nous parvenions à "décaler" un électron sur sa trajectoire sans cependant changer en quoi que ce soit son niveau énergétique il est évident que l'ensemble des trajectoires des autres électrons subiraient une perturbation sans changement de niveau d'énergie. Un électron se déplaçant sur une sphère ne serait probablement pas perturbé, tandis qu'un électron sur un ellipsoide de révolution le serait. Quelle forme pourrait prendre cette perturbation? En admettant que le niveau d'énergie reste invariant on peut imaginer que c'est l'ellipsoide de révolution qui pourrait tout simplement changer l'orientation de son grand axe, donc légèrement tourner autour du noyau, celui-ci restant évidemment à l'un des foyers de l'ellipsoide.


Que se passerait-il ensuite si l'on venait à supprimer la cause de la perturbation? Il est tout aussi intuitif que cela entrainerait un nouvel équilibre donc une nouvelle configuration respective des ellipsoides de révolution, mais la probabilité pour qu'on revienne à l'état initial est évidemment très voisine de zéro.

L'expérimentation ci-dessus correspond sensiblement à ce qui se passerait pour un atome isolé placé dans un champ magnétique. Il s'agit donc d'un effet minime caractéristique des matériaux dits paramagnétiques.


cas d'un atome ferromagnétique

Dans cet exemple académique nous avons supposé avoir affaire à un atome quelconque, c'est à dire en fait un atome non particulier. Mais, ainsi que nous le montre la classification périodique des éléments il y a des éléments sensiblement différents des autres, c'est le cas des matériaux qui vont nous intéresser ici que l'on qualifie de ferromagnétiques : le fer, le nickel et le cobalt. Est-ce que si l'on reproduit avec un atome de l'un de ces métaux l'expérience précédente on va obtenir le même résultat? La réponse n'est pas forcément oui, car elle va dépendre de quel électron je vais perturber.

En effet, si l'on regarde les niveaux énergétiques définis par la théorie quantique pour chaque couche électronique et qu'on les place par valeur croissante sur une échelle on va découvrir qu'il existe des niveaux énergétiques théoriques de valeur équivalente pour deux couches successives. Dans un atome réel ces niveaux équivalents peuvent être occupés ou non. Dans les matériaux comme le nickel l'occupation des niveaux pour un atome non excité, et compte tenu du nombre d'électrons de ce matériau, est particulière car le niveau _ est normalement inoccupé tandis que le niveau _ l'est ainsi que les niveaux supérieurs _. Essayons de représenter graphiquement la projection sur un plan des ellipsoides correspondant à ces deux niveaux équivalents.


Quoique ils correspondent à des énergies équivalentes, ceux-ci ne sont pas confondus car ils correspondent à des valeurs différentes du premier nombre quantique et à des excentricités différentes des ellipsoides. La figure montre que ces deux volumes sont sécants. Cela veut dire quoi? Cela veut dire que si l'électron qui tourne sur 1 est soumis à une miniperturbation susceptible de "changer sa direction" il va pouvoir passer sur une trajectoire 2. C'est ce qui va se produire s'il est soumis à un champ électromagnétique et comme il n'y a pas de changement énergétique lorsque la cause de la perturbation cesse il n'y a aucune raison que notre électron revienne sur son ancienne trajectoire.

Qu'a-t-on omis dans ce raisonnement? une chose essentielle, c'est que l'ellipsoide 2 était virtuel puisque inoccupé, donc mon schéma a priori était tendancieux : une infinité d'autres ellipsoides d'axe différent pouvaient tout aussi bien convenir a priori (puisque représentatifs de la même énergie), mais un seul a été effectivement utilisé, et pas n'importe lequel, mais celui qui était le mieux orienté par rapport au champ appliqué, et il est clair qu'il n'y en a qu'un qui corresponde à cet optimum.


cas d'un solide ferromagnétique

Si maintenant on refait la même expérience, non plus avec un atome de Ni ou de fer mais avec un morceau de fer pur (ce qu'on appelle communément du fer doux) contenant n atomes. Pour chaque atome le même processus va se produire, tous les électrons 2 vont circuler sur des ellipsoides semblables et de même orientation en présence du champ. Mais dès qu'on va supprimer le champ que va-t-il se passer? Les atomes ne sont plus isolés, ils sont très proches puisqu'il s'agit d'un solide en conséquence chaque perturbation survenant sur un atome va influencer non seulement les électrons de cet atome mais aussi ceux de ses plus proches voisins et l'on peut donc en conclure que la présence du champ a donc induit sur chaque atome du solide une pertubation bien plus importante qu'il n'avait produit sur l'atome isolé, mais dès que le champ cesse le nouvel équilibre est complètement perturbé et on va revenir à un nouvel état d'équilibre qui sans être exactement celui de départ va s'en rapprocher fortement et les électrons 2 qui étaient sur des trajectoires orientées parallèlement vont souvent revenir sur des trajectoires 1 qui auront une orientation statistiquement quelconque.


modèle simplifié montrant l'additivité (électrons en 2) et l'interpénétration des orbites pour des atomes au sein d'un solide
(il faut évidemment imaginer ce modèle en trois dimensions avec n atomes)

Donc en présence du champ on va avoir une organisation des électrons 2 avec donc une certaine additivité de leurs moments magnétiques d'où il résulte globalement le phénomène qu'on appelle aimantation, mais cette aimantation va cesser dès que le champ qui la génère disparait car chaque électron concerné va interragir électromagnétiquement avec ceux des atomes voisins et, en raison de cet équivalence de niveaux d'énergie non occupés, des transferts inverses d'une bande d'énergie à l'autre vont se produire et très vite la désorganisation va s'installer.

Pourquoi cependant certains matériaux une fois magnétisés conservent leur aimantation? La réponse est simple, il s'agit non de métaux purs mais d'alliages ou de combinaisons faisant intervenir non seulement des atomes de Fer Ni ou Co mais aussi d'autres atomes qui eux ne sont pas sensibles au phénomène d'aimantation car ils ne possèdent pas cette structure électronique particulière aux ferromagnétiques, c'est par exemple le cas de la magnétite Fe3O4. Par contre ces atomes ont comme conséquence de maintenir les atomes ferromagnétiques éloignés les uns des autres d'au moins une distance atomique, distance suffisante pour que les interactions électromagnétiques responsables du retour à la désorganisation soient inexistantes. En conséquence un tel matériau une fois magnétisé va rester aimanté avec l'apparition d'un pôle N et d'un pôle S aux extrémités opposées compte tenu de la direction du champ créateur.

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