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18 mars 2013

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TRANSISTORS
deuxième partie  (2/3) : transistor à effet de champ

principe et fonctionnement un canal plus ou moins ouvert
équations du TEC dans la zone centrale
caractéristiques
mise en oeuvre schéma équivalent le montage source commune
applications typiques l'étage d'entrée
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Alors que le transistor bipolaire fait intervenir deux types de porteurs, le TEC (encore appelé JFET pour junction-field effect transistor) ne fait intervenir qu'un seul type, soit N, soit P. Ainsi qu'on l'a vu dans un chapitre précédent il est fondamentalement constitué d'un canal dans lequel va circuler un courant entre source et drain mais dont l'intensité sera modulée par le biais d'un champ électrique perpendiculaire appliqué sur la grille (ou gate) qui contrôlera la conductance de ce canal mince.


Fig. transistor JFET à canal N et symboles des deux types de JFET

Il en résulte quelques éléments intéressants: fonctionnement

Le fonctionnement du JFET peut se schématiser sur la figure suivante. Lorsque l'écart entre potentiel de grille et potentiel appliqué sur le drain augmente la zone de charge d'espace s'élargit et comme le canal est moins dopé c'est essentiellement dans le canal que ce phénomène intervient. En outre le potentiel en chaque point du canal évolue sensiblement linéairement selon l'axe de celui-ci puisque le canal peut être assimilé à une résistance base pincée mais de largeur variable. La géométrie de la zone désertée en résulte évidemment.


Fig. comportement du JFET en fonction de VD à VG = 0.

Tant que la tension drain source est faible (fig.a) les porteurs peuvent circuler librement , mais au fur et à mesure que cette tension augmente la zone conductrice du canal se rétrécit au voisinage du drain, dans ce cas la caractéristique I =f(V) n'est plus linéaire (fig.c) et il arrive un moment où les deux zones désertées se rejoignent c'est ce qu'on appelle le pincement le courant ne peut plus augmenter il atteint la valeur IDSS dite de saturation.

Si maintenant on donne à VG une valeur différente de zéro mais négative on va constater un phénomène semblable mais évidemment décalé : d'une part la pente de la portion linéaire de la caractéristique I=f(V) sera plus faible et d'autre part le courant de saturation correspondant au pincement sera lui aussi plus faible. Ceci s'explique aisément en comparant, sur le diagramme ci-dessus pour VG = 0 et celui ci-dessous, les zones en grisé qui correspondent à la largeur de la zone désertée dans le canal. On voit que pour VD faible le canal possède une largeur globalement réduite dans le second cas et donc une conductance plus faible.


Fig. comportement du JFET en fonction de VD pour VG< 0


équations

Nous allons considérer ce qui se passe entre les plans yz d'abscisse x = 0 et x = L, admettre que cette longueur 0-L = c, appeler a l'épaisseur du canal dans la direction z perpendiculaire et b sa hauteur totale (ZCE comprise). Et on considère dans ce modèle que la source se trouve à gauche du plan x = 0 et le drain à droite de x = L.


Nous allons examiner ce qui se passe dans une tranche de profondeur a, d'épaisseur dy et de largeur dx, de coordonnées x et y. Il est évident que pour x et y donnés on a le même comportement pour tout z. Le modèle va donc se ramener au plan xy.

Appelons w(x) la largeur totale de l'épaisseur de la zone de transition à l'abscisse x. Elle dépend de la tension inverse en cette zone soit VGS-Vs(x). Par raison de symétrie à l'abscisse x le champ électrique varie avec y et est dirigé vers le haut. On sait que la zone de transition contient ND charges par unité de volume. En conséquence le théorème de Gauss nous permet d'écrire le nombre de charges dans le volume adxdy soit

adxE(y) - adxE(y+dy) = (Nd/e)qadxdy d'où dE(y) = (Nd/e)qdy et en intégrant E(y) = (Nd/e)qy puisqu'en y = 0 (soit à la limite de la zone p+) le champ est nul. On intègre ensuite l'équation dV = - E(y)dy sur toute la hauteur libre du canal soit

d'où l'on tire 

Pour aller du drain à la source les porteurs empruntent un canal conducteur de section s = a(b-2w(x)) fonction de x. Pour un déplacement dx suivant l'axe des x la variation de potentiel est dVs(x) = (dx/s s)ID, si l'on appelle s = qNDµn la conductivité du semiconducteur. En réorganisant les termes de cette égalité et en intégrant entre x = 0 et x = c il vient ID.

relation entre ID, VDS et VGS que l'on exploite en traçant les caractéristiques (voir courbes ci-avant) ID = f(VDS) à VGS constante. L'analyse de cette équation montre que lorsque VDS augmente ID va d'abord croitre puis atteindre un maximum pour VDS = Vp, dite tension de pincement, au delà de laquelle la réduction de largeur du canal compense l'augmentation de courant liée à l'augmentation de VDS.
On montre en faisant [dID/dVDS] = 0 pour VG = 0 que Vp = [qND/8]b2

On appelle IDSS courant de saturation de drain cette valeur maximale du courant ID et on voit que pour VGS non nul on aura le même phénomène. En utilisant la relation générale et y introduisant Vp on obtient 

L'expérience montre que le courant de saturation n'est pas un maximum mais un palier car lorsque VDS> Vp en pratique il n'y a qu'un élargissement de la longueur de la zone de pincement, et c'est comme sur une autoroute, si l'on réduit la largeur à 1 voie le résultat est le même que ce soit sur 100 m ou 3 km, il y a un embouteillage avec un débit identique quelles que soient les vitesses en amont.


Caractéristiques

Pour VGS< 0 on peut exprimer la relation générale en introduisant IDSS et Vp soit  d'où l'on tire le courant maximal correspondant à VDS- VGS= Vp  pour VGS > VGSoff on constate que IDM = 0. Il ne faut donc pas polariser trop négativement la grille.

Les caractéristiques montrent 2 modes d'utilisation possibles: Ainsi lors de l'emploi en commutation pour VGS= 0 on note RDSon = - VGSoff/8IDSS soit quelques centaines d'ohms et  pour toute autre valeur de VGS, et en particulier RDS tend vers l'infini si VGS = VGSoff

Notons enfin qu'aux faibles courants ID augmente avec la température alors que c'est l'inverse à fort courant car IDSS diminue avec la température et VGSoff dérive de 2.2mV/K. Il en résulte un point à dérive nulle pour lequel ID est pratiquement indépendant de la température et ce sera le point de fonctionnement privilégié.


mise en oeuvre - schéma équivalent

Le montage source commune est le plus intéressant pour les applications d'instrumentation. Après avoir choisi un point de fonctionnement défini par VGS et le choix de RD et RS, on va admettre pour des signaux de faible amplitude que la portion de caractéristique iD = f(VGS) décrite par le point de fonctionnement est une droite, d'où il résulte que si vgs varie sinusoïdalement id aussi.


Fig. montage source commune et schéma équivalent BF pour les petits signaux

On va définir  pente de la caractéristique iD = f(vDS), notons que 1/gds varie entre 100 ket 1 M

de même  pente de iD = f(vGS), varie typiqement entre 0.1 et 10 mA/V

Les relations entre les variations deviennent alors id = gm vgs + gds vds pour la sortie et ig = 0 pour l'entrée d'où le schéma équivalent du transistor pour les petits signaux en fréquence basse ou moyenne.


applications typiques

L'amplificateur typique, souvent utilisé comme étage d'entrée d'un amplificateur à plusieurs étages est représenté sur la figure suivante ainsi que son schéma équivalent pour les petits signaux en fréquence moyenne ou basse.


Fig. étage d'entrée à FET et schéma équivalent

Dans cet étage d'amplification on distingue plusieurs condensateurs dont la valeur sera choisie de telle sorte qu'on puisse les considérer comme équivalent à des court-circuits aux fréquences considérées. Ainsi on admettra que 1/Co<< RG+Rg, de même 1/Cs<< Rs. En outre il sera nécessaire que la composante alternative vSM (entre source et masse) soit inférieure à vgs. Ce qui implique 1/Cs<< 1/gm.

Dans ces conditions le schéma équivalent est celui de la figure.

Notons qu'on définit la polarisation via la résistance de source RG . En régime continu on a les équations:

VGS = -RGIG - RSID soit sensiblement -RSID

E = (RS + RD)ID +VDS

ID = IDSS(1- VGS/VGSoff)2

Ce qui se résoud graphiquement ainsi qu'on le voit sur le graphique ci-dessous.


En alternatif le schéma équivalent nous permet d'identifier les caractéristiques fondamentales de l'amplificateur à savoir :