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première version décembre 2006
dernière mise à jour
26 janvier 2015

l'agriculture

Parmi les problèmes environnementaux majeurs on rencontre évidemment ceux de l'agriculture. En fait pour la grande majorité de nos concitoyens qui vivent en ville l'agriculture est un "monde inconnu" dont ils ne soupçonnent pas vraiment les enjeux, c'est pourquoi nous y consacrons ce chapitre.

notez le pluriel
ils sont multiples
vie ou mort de la planète
notre avenir
Les rôles de l'agriculture
On peut identifier trois rôles principaux et plusieurs rôles moins essentiels sans qu'on puisse les affubler du qualificatif souvent restrictif de secondaires.

En premier lieu le rôle évident de l'agriculture consiste à nourrir les habitants de la planète, ainsi que les animaux domestiques qu'ils soient animaux familiers ou animaux destinés à notre consommation. Ce rôle est assurément essentiel car sans nourriture l'homme ne peut exister. Mais cette nourriture doit être saine ce qui est de moins en moins le cas.

Le second rôle consiste à cultiver des plantes textiles dont les fibres vont permettre de réaliser des tissus pour nous vêtir (lin, coton, jute essentiellement). Dans le même ordre d'idée l'agriculteur permet la récupération de la laine des moutons et du cuir de nombre d'animaux d'élevage qui vont servir dans le textile, la chaussure et la maroquinerie. Notons immédiatement que les textiles de synthèse (nylon, tergal, etc.) impliquent l'existence de pétrole pour leur réalisation et vont coûter de plus en plus cher au fur et a mesure de la raréfaction des ressources pétrolières.

Un troisième rôle concerne la culture de plantes dites "industrielles" dont on extrait des constituants qui vont être utiles après transformation plus ou moins importante dans de très nombreux domaines économiques. Je ne donnerai pas la liste car elle serait très longue et sans doute incomplète mais je vais citer quelques exemples différents : Avec les pailles on réalise des panneaux isolants très employés dans l'habitat. Par ailleurs de très nombreuses plantes sont utilisées par l'industrie pharmaceutique et parapharmaceutique soit directement soit à partir d'une molécule qui en est extraite. Et chacun connait l'emploi en peinture de l'huile de lin dont les modernes substituts ne survivront pas pour la plupart à la disparition du pétrole.

Le quatrième rôle de l'agriculture est beaucoup moins perçu : c'est son rôle sur le climat. Ainsi dans le bocage normand la subsistance de haies autour des patures et la plantation de hêtraies autour des fermes isolées joue un rôle très important dans le ralentissement des vents.

Ce qui nous amène tout naturellement au dernier rôle dévolu à l'agriculteur qui est de façonner et d'entretenir les paysages.

Pour mémoire, en 2000, d'après l'INSEE, la part en valeur de chaque groupe de produits agricoles dans l'ensemble de la production agricole s'établissait ainsi
* Produits végétaux divers (plantes fourragères, plantes et fleurs) : 10,8 %
* Fruits et légumes : 10,4 %
* Autres produits animaux (lait et produits laitiers, lapins, etc.) : 13,3 %
* Produits avicoles : 6,4 %
* Bétail : 18,4 %
* Plantes industrielles : 6,8 %
* Céréales : 15,5 %
* Vins : 14,2 %
* Services (agri-tourisme, etc.) : 4,2 %

les problèmes liés à une agriculture déraisonnable

Pour jouer les divers rôles indispensables précisés ci-dessus l'agriculture (et donc les agriculteurs) peut mettre en oeuvre diverses méthodes qui parfois engendrent d'immenses conséquences négatives. C'est ce que nous appelons une agriculture déraisonnable dont les agriculteurs sont les protagonnistes mais dont ils ne sont pas toujours complètement responsables. En effet, ainsi que nous allons le montrer les responsabilités en ce qui concerne les dégradations de l'environnement sont souvent partagées. Je prendrai l'exemple de la France métropolitaine pour illustrer cette affirmation, tout en sachant que dans les diverses autres régions de la planète les problèmes sont souvent semblables mais plus ou moins accentués ou plus spécifiques. La diversité culturale de la France fait que nous y rencontrerons presque tous les types de problèmes alors que dans d'autres Etats ce sera seulement l'un ou l'autre qui sera majeur.

Historique : Il me semble bon de rappeler, un peu trop rapidement certes, l'histoire de l'agriculture française car outre son intérêt pour comprendre la diversité actuelle, elle explique aussi bien des comportements irréalistes de nos jours.

A l'époque néolithique (il y a 8000 ans), la forêt recouvrait la quasi totalité de la France, l'agriculture était plus que primitive et les hommes se regroupaient en fait dans des clairières, proches d'une source ou d'une rivière, qu'ils agrandissaient progressivement en abattant les arbres les plus proches pour bâtir la structure de leurs huttes couvertes de chaume. Ainsi ils obtenaient progressivement des surfaces cultivables pour le blé et des zones de paturage. En fait la notion de propriété individuelle n'était pas encore en vogue et les quelques animaux domestiques vaquaient un peu au hasard, plus ou moins sous la garde des enfants et s'égaraient facilement dans les bois. La population de la France était alors très inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui.

Les Celtes, qui étaient d'abord des pasteurs nomades sont arrivés vers -1500 et se sont transformés en agriculteurs sédentarisés. Mais si la métallurgie du fer se répand et se traduit par le développement d'armes plus meurtrières, l'agriculture ne change pas fondamentalement ce n'est que vers -600 que l'araire à soc de fer va remplacer celui à soc de bois. Il permet de labourer les terres lourdes du centre et du nord de la France actuelle. Ceci explique en grande partie la colonisation de terres nouvelles, la croissance démographique et les nouvelles invasions qui en ont résulté.

A l'époque gauloise le processus continue puis, après la défaite de Vercingétorix, la romanisation de la Gaule s'accélère. L’urbanisation généralisée voit le développement de nombreuses cités, organisées sur le mode des municipes italiens, villes qui toutes perdurent encore de nos jours, tandis que les campagnes se couvrent de bourgades (vici) et de grandes exploitations agricoles (villae). La Gaule est alors avec l’Egypte le secteur le plus peuplé de l’Empire romain, avec une population estimée entre 10 et 15 millions[1].

Avec la chute de l'empire romain on constatera une période de décroissance, les routes n'étant plus entretenues le grand commerce s'effondrera et les villages revivront en autarcie et sur le plan agricole ce n'est qu'avec la relance du défrichement par les monastères que l'agriculture va redémarrer au cours du Moyen Âge. Mais si la majeure partie des terres appartiennent alors à de grands propriétaires (seigneurs ou monastères), la majeure partie des paysans se partagent "en propre" une petite zone du territoire, souvent la moins bien située et qu'on appelle, selon les régions, "les communes" ou les "communaux" où continuent de paître leurs animaux sous la garde des enfants. Ces zones souvent proches de la forêt sont parfois fréquentées aussi par quelque renard ou quelque loup, d'où une multitude d'incidents ayant donné lieu à diverses légendes et continuant aujourd'hui à "occuper la mémoire populaire et brouiller la réalité". Vers l'an mil l'augmentation de la population accompagne les grands défrichements. Des nouvelles techniques agricoles se diffusent permettant de cultiver les terres riches et lourdes du bassin parisien : charrues à roue et à versoir qui aèrent le sol, herses qui brisent les mottes.

Jusqu'au début du 20ème siècle l'agriculture a peu évolué et les récoltes restaient à la merci de la météo. Une seule réforme importante est intervenue : la pratique de l'assolement qui présente d'énormes avantages et permet d'assurer de bien meilleurs rendements. Au 20ème siècle l'agriculture devient essentiellement industrielle sous la pression conjointe des gouvernants, de l'industrie chimique, de l'industrie agro-alimentaire, des semenciers, des constructeurs de matériel agricole et même des techniciens agricoles et des coopératives. Chacun de ces intervenants poursuit en fait le même unique but, sans la moindre réflexion sur les conséquences, accroître la production et ses propres bénéfices.

Les conséquences : On peut distinguer plusieurs types de conséquences. L'augmentation inconsidérée de la production agricole va conduire dans certains secteurs à des surproductions gigantesques et subséquemment à l'effondrement des cours, mais curieusement jamais à l'effondrement des prix pour le consommateur. Effondrement des cours qui va inciter les agriculteurs individuellement souvent à encore augmenter leur production pour survivre avec comme conséquence la faillite de certains ou leur rachat masqué par les banques, en tête desquelles on trouve le Crédit Agricole, sans doute la banque la plus rapace avec les agriculteurs quoique officiellement gérée par les agriculteurs eux-mêmes (mais progressivement seulement par une minorité de très gros exploitants). La seconde conséquence est la diminution drastique des personnels employés dans l'agriculture à une période où simultanément l'industrie offre de moins en moins d'emplois. D'où un développement du chômage que ni les économistes ni les gouvernants n'ont su ni prévenir ni enrayer.

Outre la surproduction on constate la baisse constante de qualité des produits agricoles de plus en plus normalisés. A ce propos une anecdote typique : une amie me signalait récemment être allée voir un film français dont le réalisateur est parisien, film censé se passer à la fin du 18ème-début du 19ème siècle et, lors d'une scène "campagnarde", on voyait sur un marché des fruits remarquablement "calibrés" ... erreur historique manifeste montrant l'ignareté tant du réalisateur que du décorateur qui n'ont jamais fréquenté que les rayons aseptisés des supermarchés. On reviendra sur cette normalisation et ses aspects néfastes.

Ensuite il y a l'ensemble des conséquences sur l'environnement et elles sont absolument gigantesques. Et leur coût pour la société tout entière est lui aussi gigantesque et n'est absolument pas assumé par les divers responsables ci-avant précisés, chacun se renvoyant la responsabilité. L'emploi exagéré d'engrais se traduit par une pollution généralisée des nappes phréatiques et des rivières. On peut estimer qu'environ un tiers tout au plus des engrais épandus sur les champs va effectivement servir à la croissance des plantes, un autre tiers va s'infiltrer dans le sol sous l'effet des pluies (ou des arrosages artificiels) et le reste va être transformé par les microorganismes du sol. C'est ainsi que les nitrates vont être transformés en oxydes d'azote, polluant gazeux qui participe entre autres effets néfastes à l'effet de serre. Il est piquant de noter qu'en été cette pollution agricole est de même importance, voire parfois supérieure, à celle produite par les véhicules automobiles, mais comme rien ne distingue une molécule de NO2 sortant d'un pot d'échappement de celle sortant d'un champ de blé, les organismes chargé de la mesure de la pollution de l'air imputent ce NO2 à l'automobile sans se poser la moindre question. Ainsi mesure t-on des teneurs en NO2 supérieures sur les capteurs de campagne à celle enregistrée dans les embouteillages ce qui entraine ensuite des taux d'ozone eux aussi supérieurs (voir chapitre sur l'ozone).

La pratique récente d'utiliser des semences "industrielles" dites hybrides et parfois OGM conduit aussi à de nombreux dégâts environnementaux. En effet ces semences trafiquées (non pour le bien de l'humanité comme le disent les industriels du domaine, mais pour rendre infertiles les graines qui en seront issues ceci pour imposer à l'agriculteur l'obligation d'acheter chaque année ses semis au seul profit de l'industriel) sont fragilisées et les plants auxquels elles donnent naissance sont donc très sensibles aux différents ravageurs (maladies et/ou insectes) qui peuvent les affecter. Donc, soit l'agriculteur sera conduit ensuite à faire de multiples traitements insecticides ou anti-cryptogamiques pour assurer le développement de sa plante jusqu'à la récolte, soit la semence est elle même pré-traitée et enrobée d'une gaine de substances chimiques pesticides extrêmement toxiques, soit le plus souvent les deux procédés seront additionnés. Dans tous les cas on retrouvera, d'une part, les mêmes conséquences qu'avec les engrais au niveau des nappes phréatiques et des rivières, et en outre ces produits étant pulvérisés sur la plante s'insinuent dans celle-ci et souvent restent aussi en partie en surface. Ainsi le produit agricole récolté sera-t-il pollué superficiellement et intérieurement par ces pesticides divers dont la toxicité pour l'homme ou les animaux est avérée (par principe un pesticide est fait pour tuer des êtres vivants et il n'y a pas de spécificité contrairement à ce qu'affirment ici encore sans jamais l'avoir vérifié les industriels qui clament que leurs produits sont inoffensifs pour l'homme). J'ai personnellement vu plusieurs tourterelles turques, nichant dans les arbres de mon jardin ou celui de mes voisins, avoir la très mauvaise idée d'aller dans un champ fraichement ensemencé avec ce genre de graines enrobées et vouloir se nourrir de celles qui n'étaient pas enterrées (et qui donc n'auraient sans doute pas donné grand chose). Le résultat a été foudroyant : mort quasi instantanée. De multiples études faites récemment par des médecins montrent que la consommation de ces pesticides que l'on retrouve à l'état de "traces en quantité inférieure à la norme officielle" conduisent à des problèmes sanitaires multiples.

Je voudrais préciser que les normes de quantités à ne pas dépasser dans les aliments pour les humains, d'une part, ne s'appliquent pas pour la nourriture animale (il n'y a donc pas du tout de garde-fous) et, d'autre part, que ces normes sont établies, non par des spécialistes indépendants et compétents, mais pratiquement par les industriels eux-mêmes puisque ce sont eux qui fournissent aux instances réglementaires européennes ou françaises les études qu'ils ont soit-disant menées pour démontrer la non toxicité de leurs produits : en clair on fait des tests pendant 5 semaines et comme le cobaye n'est pas mort on dit que ce n'est pas toxique, sauf que la semaine suivante il est mort ou que si l'on examine un peu plus sérieusement les conséquences on découvre des lésions aux reins ou dans un organe quelconque qui n'a évidemment pas fait l'objet de la moindre recherche par l'industriel pour définir l'inocuité de son produit. En outre ces études portent toujours sur le produit seul, jamais sur les interractions qu'il pourrait avoir avec d'autres : la notion d'interdépendance n'est jamais prise en compte. Et c'est la Sécurité Sociale qui va payer les conséquences pour la santé dans quelques années! (en d'autres termes, le gouvernement de l'époque prendra la décision simpliste habituelle de réduire un peu plus les remboursements pour enrayer le déficit plutôt que de se poser les bonnes questions).

Le dernier problème, déjà abordé par ailleurs sous un autre point de vue, est celui du dévoiement des terres agricoles au profit de cultures destinées à produire des biocarburants dont il a été démontré qu'ils ont un impact cependant négatif sur l'effet de serre (en d'autres termes si l'on considère le cycle complet de production et d'utilisation les biocarburants rejettent plus de CO2 que les carburants traditionnels). Non seulement ces cultures sont in fine néfastes pour l'environnement, mais en outre elles se substituent soit à des jachères indispensables à la biodiversité (cas de la France), soit à des cultures vivrières (au détriment des populations locales dans nombre de pays du Sud), soit à des forêts primaires (ex de l'Indonésie ou du Brésil). Mais le lobby des cultures industrielles est bien implanté y compris dans les locaux des ministères chargés de la protection de l'environnement. Et tous les observateurs attentifs ont pu constater que l'échec de la conférence de Copenhague de décembre 2009 est du en grande partie au lobbying de ces industriels auprès de ministres et chefs d'Etats peu soucieux eux-mêmes de la réalité des conséquences du dérèglement du climat.

Enfin un autre problème récurrent : la chasse déraisonnable. En effet la chasse si elle était raisonnée ne serait pas catastrophique, mais elle ne l'est généralement pas, en particulier en France. Depuis des décennies les chasseurs (qui sont souvent des agriculteurs) détruisent les espèces qu'ils ont réussi à faire classer par les administrations (ou plus exactement par les responsables de ces administrations souvent énarques et préfets, c'est à dire la plupart du temps ignares en terme d'écologie) dans une catégorie dite "nuisibles" (notons que souvent ce sont les mêmes qui fréquentent les offices religieux et devraient donc CROIRE en Dieu et à son sens de l'organisation dans l'intérêt général !). Ainsi les mustélidés sont détruits à grande échelle alors que leur régime alimentaire est essentiellement constitué de souris et mulots. Il en est de même des renards. Le résultat est automatique, les souris n'ayant plus de prédateurs ni quadrupèdes ni ailés (les rapaces sont aussi exterminés malgré leur soit-disant protection) prolifèrent et les agriculteurs multiplient les traitements chimiques dangereux pour s'en débarasser. Une récente étude ( http://www.buvettedesalpages.be/2010/10/l-interet-economique-des-mustelides-pour-l-agriculture.html ) a permis de chiffrer le coût monstrueux pour l'agriculture de cette aberration cynégétique. A une époque où la majorité des petits agriculteurs ont de la peine à survivre, ils feraient bien de repenser complètement leur mode de production plutôt que de rester inféodés aux multinationales qui les exploitent et les méprisent. (à ce sujet j'ai raconté par ailleurs comment lors d'une interview sur CNN le patron de Monsanto de l'époque (en 1981) avait répondu au journaliste, qui lui faisait remarquer que ses produits étaient plus que contestables et dangereux et lui demandait s'il pensait à l'avenir de la planète et à ses petits enfants, "j'en ai rien à foutre". Cette réponse avait le mérite d'être claire.


les abeilles et autres butineurs

On a déjà abordé ce problème à propos de la biodiversité, mais sa gravité justifie des redites.
La très grande majorité des plantes nourricières nous fournissent soit leur fruit, soit leur graine. Il est donc clair que lors de la croissance de la plante une étape importante va être celle du développement des fleurs, puis, si l'on veut des fruits, celle de la pollinisation. Il existe quelques plantes, très chères, pour lesquelles cette opération est réalisée manuellement par des hommes (le safran par exemple), mais dans la très grande majorité des cas la fécondation s'effectue par échange de pollen déposé tout simplement dans la fleur par un insecte butineur tel l'abeille (et quelques autres hyménoptères). Ce système fonctionne depuis des millions d'années et permet tout simplement la survie d'abord de l'espèce de plante concernée, et ensuite des espèces animales, dont l'homme, qui se nourissent avec ces plantes. Supprimez les insectes butineurs et il n'y aura plus de fécondation et plus de récolte possible et la vie sur terre s'arrêtera tout simplement avec la disparition des plantes, puis des espèces qui s'en nourrissent (insectes, oiseaux, herbivores) et in fine de ceux qui se nourrissent de ceux qui seront disparus les premiers. En d'autres termes, la vie sur terre dépend fondamentalement des abeilles et des autres butineurs.

Le problème majeur, devant lequel il ne faut pas se voiler la face et dire je ne savais pas, c'est que depuis quelques années les abeilles et autres insectes pollinisateurs sont confrontées aux pesticides et qu'elles sont (comme les autres insectes butineurs) empoisonnées par les apprentis sorciers de l'agro-industrie qui n'ont comme objectif que "faire du fric" sur le dos des agriculteurs et qui sont en train de "couper la branche sur laquelle ils sont assis" ce qui est typique des fonds de pension américains et de tous ceux qui les admirent (et j'ai d'autres exemples précis pour illustrer ce comportement aberrant).

Aujourd'hui aux USA des milliards d'abeilles (oui vous avez bien lu : des milliards) sont mortes au printemps 2007 victimes d'une combinaison de pesticides, herbicides et sans doute OGM. Et, comme les semences et produits toxiques américains sont très répandus en Europe et dans le monde, le phénomène est en train de se généraliser sur l'ensemble de la planète et chacun peut en mesurer les effets dans son propre jardin, pour peu qu'il soit un peu observateur.

Bien sûr les apiculteurs ont été les premiers à constater le problème, mais en France ils sont relativement timorés et peu organisés et ne semblent pas réagir très vigoureusement (même si quelques uns ont coupé des champs de maïs OGM ce qui n'a pas de réelle efficacité), c'est pourtant une question de vie ou de mort pour l'ensemble de la planète. Einstein avait dit, dans les années 30, que si l'abeille disparaissait du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre.


L'agriculture biologique
Le remède à tous ces problèmes n'est pas facile à trouver, mais il est indispensable puisque c'est une question de vie ou de mort de l'humanité. Il n'est pas ici question de faire du catastrophisme mais d'appeler un chat un chat. Et les jeunes qui lisent ce site feraient bien de se réveiller avant qu'il ne soit irrémédiablement trop tard et de secouer leurs camarades qui se contentent d'échanger des SMS ou de se faire piéger sur Facebook.

Il y a une possibilité d'éviter la catastrophe: c'est l'agriculture biologique qui est un système de production agricole, basé sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le respect des cycles biologiques et de l'environnement, tenant compte des connaissances en écologie, pour une production de qualité, équilibrée, plus autonome, plus économe et non polluante.

Ce recours à l'agriculture biologique vient d'être plébiscité par la FAO (organisation des Nations Unies qui lutte contre la Faim dans le monde), car elle n'utilise pas ces produits toxiques et que sa rentabilité pour l'agriculteur est très sensiblement supérieure à celle de l'agriculture industrielle. En effet l'agriculture biologique a des rendements un peu moindres, mais comme les dépenses d'engrais et de pesticides sont réduites, le bilan global est positif (il convient de noter d'après certains agriculteurs reconvertis que non seulement le bilan est positif mais qu'il est de plus en plus positif après quelques années de reconversion à l'agriculture biologique). En outre cette agriculture produit des produits de qualité et non des produits sans saveur et chimiquement multi-pollués et, puisque ses rendements sont moindres, elle éviterait en outre les surproductions européennes et donc l'effondrement des cours sur certains produits ou la nécessité de subventionner à outrance des productions inutilisées. Enfin une agriculture raisonnablement biologique permettrait de réduire très sensiblement les pollutions du sol et des nappes phréatiques et donc les surcoûts, payés par la collectivité, pour dépolluer.

Un gouvernement responsable (en existe-t-il?) devrait donc soutenir efficacement cette démarche et aider les agriculteurs à revenir à des pratiques réellement plus soucieuses de l'environnement et de la qualité (plutôt que de créer des faux labels de qualité comme on en voit fleurir à profusion actuellement - la plupart étant le fait des industriels eux-mêmes qui se les auto-attribuent). En outre favoriser le retour à l'emploi de machines agricoles raisonnables ainsi que des pratiques réellement coopératives permettrait de réduire l'endettement des agriculteurs et donc in fine la multiplication des subventions (payées par les consommateurs) qui ne profitent qu'aux banques et aux entreprises américaines de matériel agricole (matériels monstrueux complètement inadaptés aux exploitations françaises et donc jamais rentabilisables).


[1] l'agriculture en France

[2] site du MDGRF

[3] pollution de l'habitat et maladies

[4] les abeilles en danger

[5] agriculture raisonnée

[6] partage agricole exemple du marais poitevin

[7] réduire les pesticides en France

[8] l'agriculture bio en France

[9] nourrir les abeilles

[10] plébiscite pour les insectes pollinisateurs

[11] colza OGM dangereux

[12] la FAO et l'agriculture bio