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initiale 2002 |
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dernière
mise à jour 22 mars 2013 |
LES TENDANCES TECHNOLOGIQUES
sixième partie (6/8) : capteurs "intelligents"
du
simple au plus complexe |
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la
base |
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les
multiples avantages |
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moderniser
à faible coût |
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Par ailleurs, le microprocesseur permet la linéarisation,
la correction automatique, la compensation de soudure froide...parfois même
le calcul de la valeur d'une grandeur que l'on ne peut atteindre directement
par la mesure, on parle alors de capteur logiciel.
Le principe basique du capteur "intelligent"
Nous allons nous intéresser
plus particulièrement à la notion de "capteur intelligent",
c'est à dire de système qui, dans sa version basique imaginée
au début des années quatre vingt, dispose d'une certaine capacité
de calcul assurée par un circuit programmable du type microcontrôleur
ou microprocesseur lui permettant de prendre en compte certaines dérives
et grandeurs d'influence et donc de générer un signal corrigé
que le système d'acquisition pourra alors acquérir tel quel via
une interface de communication elle même intégrée dans le
capteur intelligent.
Son organisation
de principe peut être représentée par la figure ci-dessus,
sur laquelle on a mis en place le transducteur principal et des capteurs secondaires,
susceptibles de fournir des informations utiles au dispositif de calcul afin
de permettre la correction éventuelle du signal fourni par le transducteur
principal. On remarque aussi lélément de calcul constitué,
au minimum, dun microcontrôleur et dune EEPROM : En
général on associera à chaque capteur un conditionneur
spécifique, mais le plus souvent il n'y aura qu'un seul CAN et l'on aura
installé un dispositif de multiplexage pour
acquérir séquentiellement les données. En sortie du microprocesseur
on trouvera l'interface de communication : soit une transmission numérique
directe, soit, dans le cas où celle-ci serait inopportune ou trop coûteuse
à installer, une conversion numérique analogique de la grandeur
corrigée, suivie d'une transmission analogique classique.
Notons qu'en
raison de la miniaturisation des composants électroniques et du développement
des microcapteurs sur silicium tout cet ensemble se présente le plus
souvent comme une boite noire avec un connecteur d'entrées-sorties électriques
et parfois un ou des raccords mécaniques standard pour raccorder les
sources des grandeurs physiques mises en jeu. La notion importante est donc
qu'un capteur intelligent est un dispositif communiquant. Signalons cependant
tout de suite que c'est paradoxalement l'un de ses handicaps majeurs, car, en
vingt années de développement de ce concept, les constructeurs
n'ont pas été capables d'harmoniser les protocoles de communication,
malgré les travaux de diverses commissions ad hoc nationales et internationales,
ce qui crée évidemment des difficultés de communication
entre équipements d'origines différentes. Nous y reviendrons.
Propriétés fondamentales
L'existence
d'un élément de calcul programmable et d'un bloc mémoire
associé va permettre l'implémentation de nombreuses fonctions
au sein du dispositif, non seulement de nature correctrice ainsi que cela avait
été imaginé primitivement, mais aussi d'intérêt
économique et, en outre, de fonctions nouvelles, totalement impossibles
à mettre en oeuvre autrement.
Un
tel ensemble présente les avantages suivants:
Regardons
laspect calibration
Effectuer
le calibrage dun capteur classique
cela signifie en pratique :
dans
le cas dun capteur intelligent
cela signifiera :
Précisons
un peu plus en quoi un capteur intelligent va se révéler plus
intéressant en matière de crédibilité
et de sûreté de fonctionnement :
La figure
ci-dessous représente le modèle fonctionnel dun capteur/actionneur
intelligent (CAI). Les fonctions surveiller, élaborer
et décider sont essentielles. La fonction surveiller
associée à la fonction élaborer va permettre de
transformer des informations « brutes » en informations
« validées » auxquelles sera associée une
crédibilité maximale compte tenu de létat du capteur
à un instant donné. Cette fonctionnalité de validation
est indissociable de la fonctionnalité acquérir ; elle
est à la base du concept dinstrument intelligent.
Ainsi
toute information élaborée au sein du CAI devra, dans la mesure
du possible, être validée par la prise en compte dindicateurs
qui caractérisent le bon fonctionnement du CAI, par exemple mesure de
la tension dalimentation, de la température de lélectronique,
de lintégrité de la chaîne dacquisition, vérification
du bon déroulement dun algorithme, test du résultat dune
opération arithmétique, mais aussi en termes de cohérence
des informations délivrées par rapport à un modèle.
On sintéressera donc à la variation dans létendue
de mesure, la détection dune mesure aberrante dans une série
temporelle, le respect des conditions de température du milieu ambiant...
Fig.
Les actions à mener dans un instrument intelligent
La validation
nest cependant pas la panacée puisquil est évident
quelle sera forcément obtenue avec un certain retard puisque le
microprocesseur qui gère le système fonctionne en mode monotâche
séquentiellement. On va donc intégrer des fonctionnalités
de surveillance et de diagnostic afin de maîtriser
la sûreté de fonctionnement du système.
On va supposer
quun modèle du signal est accessible
et calculable. En ce qui concerne les capteurs, les erreurs les plus courantes,
perceptibles par observation, sont les biais, les dérives, les ruptures
brutales , les bruits anormaux, la présence de parasites aléatoires,
un changement des caractéristiques spectrales. On va tenter de détecter
une défaillance (et donc de constater une panne éventuelle) en
analysant le signal fourni ; cest la méthode
de surveillance locale qui est schématisée sur la figure
suivante
La détection
de rupture de modèle du signal technique qui fait appel à des
tests dhypothèses statistiques permet, lorsquon
dispose dun modèle, de détecter un éloignement
par rapport à ses caractéristiques nominales. Cette approche suppose
que le signal est une succession de segments homogènes de caractéristiques
constantes ou lentement variables, séparés par des transitions
brutales.
Les algorithmes
utilisés effectuent une décomposition du signal en segments successifs,
et ce avec un degré de précision variable. Certains permettent
simplement de détecter quun changement sest produit, dautres
fournissent en outre linstant de la rupture et parfois même les
paramètres caractéristiques du signal avant et après la
rupture.
Fig. méthode de surveillance locale
Ces
méthodes impliquent en fait deux étapes :
Tout dabord
la génération de résidus issus
de la comparaison modèle - signal (en comparant des caractéristiques
soit temporelles soit fréquentielles), puis il y a prise
de décision à partir dun ou de plusieurs tests.
Un
test comporte lui même trois étapes :
Supposons
par exemple que lon sintéresse à la température
de lélectronique du capteur. Celle-ci est supposée constante
après plusieurs heures de fonctionnement. On va calculer une moyenne
mobile sur la suite des résidus sur un nombre de données défini
et, ayant fixé des seuils, on compare cette moyenne glissante aux seuils.
Il est clair que plus la fenêtre temporelle utilisée sera large
plus la méthode sera fiable en terme dinsensibilité à
une perturbation aléatoire de faible durée, mais plus le retard
à la détection sera important. Il faudra donc choisir le bon compromis.
Dautres tests sont évidemment possibles (dérivées,
filtre médian, test du Khi2, rapport de vraisemblance..). On tiendra
aussi compte des temps de calcul et de la gourmandise en mémoire pour
faire un choix raisonné.
Un exemple
intermédiaire
Les techniques
précédentes ne sont pas encore généralisées
et dans beaucoup de cas le problème n'est pas de passer directement d'une
structure simpliste illiustrée par la figure (a) à un système
aussi élaboré que l'instrument intelligent, mais dans
une première étape d'obtenir une information plus satisfaisante
en terme de précision et de réduction de sensibilité
à la principale grandeur d'influence (qui est le plus souvent la température).
A titre d'exemple,
nous allons traiter un procédé répondant à ce seul
besoin et donc envisageable pour corriger le signal délivré par
un capteur soumis à une dérive due à une grandeur d'influence
: on prendra pour exemple le capteur de pression à jauges de contrainte,
mais la méthode, quoique non généralisable, peut s'appliquer
à d'autres cas.
Un
tel capteur présente a priori les inconvénients suivants :
La correction
de ces défauts, dès lors que l'on connait les équations
et que l'on est en mesure de connaître avec une précision suffisante
la température du transducteur peut être effectuée via un
système informatique. Mais nous présentons ici une solution plus
facile à mettre en oeuvre : la correction sera obtenue par un
ajustement de gain et un contrôle d'offset. Le montage présenté
ci-après permet ces ajustements de façon automatique et complètement
transparente pour l'utilisateur qui ne voit qu'un
signal analogique corrigé.
En effet, il a été montré (cf chapitre sur les composants
et l'ampli_op) qu'un dispositif d'amplification basé
sur l'emploi d'ampli_op possède un gain défini par un jeu de deux
résistances. De la même manière le décalage d'offset
d'un tel ampli_op peut-être compensé à l'aide de résistances
judicieusement choisies. Par ailleurs on sait qu'il est possible de réaliser
des résistances de valeur contrôlable par tension au moyen de structures
JFET ou MOS. On dispose donc d'un moyen élégant de modifier le
gain d'un ampli et/ou de décaler son zéro.
Fig.
Amplificateur programmable
Dans le cas
d'un capteur de pression à transducteur en pont de Wheatstone alimenté
par une source de tension stable, le signal de sortie est une fonction à
la fois de la pression et de la température S = f(q, P) et il est impossible
de séparer les deux composantes sans une information complémentaire.
Une solution à ce problème réside dans le choix d'une alimentation
non par un générateur de tension mais par un générateur
de courant constant I.
On pourra ainsi récupérer deux informations :
Fig.
Pont alimenté à courant constant
En effet chaque résistance du pont, en l'absence de pression et à
température de référence, vaut Ro et l'impédance
d'entrée du pont est donc Ro d'où il résulte U=RoI.
Lors d'une dérive de température chaque résistance varie
sensiblement de R=
Ro
et dans ces conditions U = (Ro+
R)I
= f(q). Enfin notons qu'en l'absence de pression,
et à température de référence, si le pont est légèrement
déséquilibré par construction on a S non nul (décalage
de zéro).
Il parait
alors judicieux d'exploiter le déséquilibre initial pour contrôler
l'offset de l'ampli_op chargé d'amplifier le signal et le signal U pour
modifier le gain de cet ampli_op. D'où l'exemple de réalisation
proposé ci-dessous.
L'idée
consiste donc à exploiter la mesure de U convertie
en binaire (en 8 ou 16 bits éventuellement) comme adresse d'une case
d'une mémoire reprogrammable type EEPROM et de mettre dans cette
case la valeur binaire de la tension analogique à appliquer sur l'électrode
de contrôle de la résistance JFET ajustable contrôlant soit
le gain, soit l'offset de l'ampli_op associé.
Notons qu'il
n'est pas nécessaire d'employer un microprocesseur, un astucieux décodage
d'adresse suffit. Cependant on dispose d'un accès au bus qui pourra être
connecté temporairement à un microordinateur afin de :
L'intérêt
du principe est que l'ajustement de ces valeurs de correction peut être
réalisé très simplement. On place l'ensemble capteur et
module électronique associé dans une étuve et sans appliquer
de pression on commence par effectuer la correction de zéro à
température de référence. Le principe est simple :
un programme informatique identifie la case de l'EEPROM adressée, puis
génère une correction croissante par pas jusqu'à
obtention en sortie de l'ampli d'une valeur nulle. Cette correction est alors
mémorisée définitivement dans la case de l'EEPROM. On procède
ensuite à la même opération pour l'ensemble de la plage
de température en faisant croître la température par pas
adaptés.
Fig.
Principe du correcteur de température
Notons que
l'un des intérêts de cette méthode est que c'est l'ensemble
capteur + électronique qui est ajusté simultanément
et qu'aucun des éléments intervenant n'a besoin de caractéristiques
particulières. En d'autres termes chaque élément du dispositif
pris séparément peut être médiocre (donc pas cher)
c'est l'ensemble qui sera correct. Le réétalonnage éventuel
dû à une dérive dans le temps d'un ou plusieurs éléments
pourra être effectué de la même manière sans avoir
besoin de changer l'élément défaillant. Et si cette électronique
est intégrée sur le corps du capteur on voit qu'il sera même
souvent possible de réétalonner le dispositif à distance
sans même le démonter dès lors que le capteur est branché
sur une canalisation dont le fluide peut être contrôlé en
température.
Si l'on veut
ensuite faire une correction de non linéarité, le principe sera
le même, mais c'est le signal analogique corrigé en température
qui sera aussi le signal de contrôle. Par contre l'architecture du correcteur
sera la même.
Fig.
Correction de température et de linéarité en deux étapes
Lintérêt
de cette démarche est de permettre le remplacement
d'un capteur ancien médiocre par un capteur corrigé de ses dérives
sans modifier l'installation, c'est-à-dire
en conservant la même liaison (typiquement on conservera la liaison 4-20
mA) au système d'acquisition qui sera lui-même conservé
en l'état.
Notons enfin l'intérêt économique de cette solution : l'ensemble
du module électronique pouvant être intégré dans
un ASIC de très faible coût de production on aboutit à
un ensemble capteur + électronique de coût inférieur à
celui d'un capteur seul qui aurait les mêmes caractéristiques que
cet ensemble.
Architecture
répartie
Les systèmes
d'acquisition de données à architecture répartie présentent
de l'intérêt dès lors que le nombre de points de mesure
de même nature est élevé et que la zone est étendue.
Il est clair que l'emploi de capteurs intelligents se justifie alors pleinement,
ceux-ci vont être reliés entre eux et au contrôleur général
du système via un réseau de communication (type bus de terrain)
et pourront donc communiquer entre eux et donc profiter de nouvelles fonctionnalités
apportant donc in fine une meilleure information globale sur l'état
de l'ensemble du système à contrôler.
On peut mettre en exergue 4 avantages majeurs : la versatilité, l'immunité
au bruit, la réduction de coût du câblage, et bien sûr
de puissance de calcul du contrôleur central.
Quelques infos
pratiques :
A la mise
sous tension d'un tel système, chaque capteur intelligent va charger
sa configuration par défaut telle qu'elle est définie dans son
EPROM, puis le plus souvent il va ensuite fonctionner en mode "requète".
C'est à dire qu'il va attendre que le contrôleur principal lui
adresse une requète pour l'exécuter. Une requète ça
peut simplement être une demande de transmission des dernières
données mesurées, mais ça peut aussi entrainer une modification
de configuration (par exemple demande de modification de la fréquence
d'échantillonnage, modification d'un seuil d'alerte, changement d'une
valeur de gain d'un ampli programmable...). Une requète peut être
générale, c'est à dire s'appliquer à tous les noeuds
du réseau, comme elle peut être adressée et donc
destinée à un unique capteur intelligent.
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