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dernière mise à jour
22 mars 2013

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Capteurs de débit

deuxième partie (2/4) : débitmètre volumique/vitesse

le classique
pour les gaz
le plus simple
un emploi limité
une technique aisée
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La principale mesure de débit consiste en fait en une mesure de vitesse du fluide dont on déduit le débit volumétrique par un calcul simple puisqu'il s'exprime par en fonction de la vitesse et du diamètre de la canalisation.

débitmètre mécanique à hélice (ou turbine)

Ce principe est l'un des premiers imaginé. Un dispositif à ailettes ou hélicoidal est placé dans l'axe de la conduite ou perpendiculairement et l'écoulement entraine une rotation de ce rotor avec une vitesse liée à celle du fluide. Il suffit alors de compter le nombre de tours/mn pour avoir la vitesse et par suite le débit du fluide.

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Lorsqu'il s'agit d'un liquide on choisira une turbine, lorsqu'il s'agit d'un gaz ce sera une hélice et le débitmètre sera alors parfois qualifié d'anémomètre (voir chapitre climatologie). Le plus souvent le comptage sera réalisé par le biais d'un dispositif magnétique (un aimant permanent est solidaire du rotor et passe à proximité d'un "ils" (interrupteur à lame souple) qui en se fermant va donc générer une impulsion envoyée à un compteur. L'autre solution est d'employer un bobinage fixe qui sera perturbé par le passage de l'aimant générant ici encore une ddp de courte durée comptabilisable.

Ce système ne fonctionne bien qu'avec des fluides propres et peu visqueux car il ne faut pas encrasser les paliers de soutien du rotor sous peine de créer des frottements importants ralentissant la rotation. La précision peut être très satisfaisante (jusqu'à 0.2%) mais le comptage nécessite une certaine durée ce qui réduit les possibilités de mesure de débit très rapidement variable.


anémomètre à fil chaud

Pour les débits gazeux on utilise fréquemment un anémomètre à fil chaud constitué d'un fil résistant parcouru par un courant constant élevant sa température et placé dans l'écoulement. L'élément de mesure est chauffé en continu. Il en résulte un échange de chaleur entre fil et écoulement et la température résultante est significative de la vitesse de l'écoulement.


Trois versions de ce principe sont commercialisées, soit on mesure la résistance du fil chaud alimenté par un courant constant, soit on alimente le fil à puissance constante et on mesure la température d'un capteur de température placé à proximité et qui est représentative de la quantité de chaleur transportée du fil vers le transducteur par l'écoulement et donc de la vitesse de celui-ci. Soit à l'aide d'un circuit de régulation, la température de l'élément est main-tenue constante, ce dernier étant refroidi par l'écoulement de l'air. Le courant de régulation est alors proportionnel à la vitesse de l'écoulement.

La précision varie selon la vitesse et la version car la réponse n'est pas toujours linéaire, l'optimum se situant entre 20 et 120km/h. En dehors de cette plage les mesures sont très délicates.


débitmètre électromagnétique

Un procédé très élégant exploite tout simplement la loi de Faraday précisant qu'une fem est générée par un conducteur se déplaçant dans un champ magnétique. Dans ce cas on isole électriquement la canalisation, place deux électrodes dans une direction perpendiculaire au champ magnétique et c'est le fluide lui-même qui va jouer le rôle de conducteur. La fem recueillie entre les deux électrodes est directement proportionnelle à la vitesse, mais ce principe ne fonctionne que pour des fluides conducteurs ce qui exclut son utilisation dans de nombreux cas (en particulier avec nombre de produits pétroliers. Par contre ce principe fonctionne aussi bien avec de petites canalisations de quelques millimètres de diamètre que de grandes de plusieurs mètres avec une précision atteignant 1% pour des débits notables. En cas de faible vitesse d'écoulement le signal recueilli est très faible (microvolts) et la précision s'en ressent.

Si B est le champ magnétique, D le diamètre interne de la conduite, V la tension induite, Q le débit volumique, v la vitesse de l'écoulement L la distance entre les électrodes de mesure la loi de Faraday nous indique que V =kBLv, k étant une constante. Or le débit volumétrique s'exprime par en remplaçant v par son expression on en tire donc Q=K(V/B) ou K est une autre constante.

En pratique le champ électromagnétique est obtenu grâce à deux bobinages placés de part et d'autre de la canalisation et alimentés en alternatif. Cela permet d'éviter la polarisation des électrodes. Le signal recueilli est donc de même fréquence et on va l'amplifier grâce à un amplificateur différentiel avant de le démoduler classiquement (cf chapitre transmission).

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L'un des points fort de cette méthode c'est que le capteur ne perturbe pas l'écoulement ce qui revient à dire que la viscosité du fluide n'intervient absolument pas dans le résultat, non plus que la température qui peut être relativement élevée (quelques centaines de °C).


anémomètre ionique

Lorsque le fluide n'est pas conducteur, on s'inspire du procédé précédent en l'ionisant entre deux électrodes soumises à une ddp suffisante. Pour en déduire la vitesse et donc le débit on va utiliser trois électrodes alignées (en fait trois fils perpendiculaires à l'axe de la canalisation) et polarisées comme sur le schéma.


Il est intuitif que l'écoulement va perturber les deux courants ioniques I1 et I2 augmentant l'un et diminuant l'autre : la différence sera donc significative de la vitesse et du sens de l'écoulement.

Pour obtenir un fonctionnement stable on va choisir une ddp élevée (quelques milliers de volts) dont il résultera des courants de l'ordre de l'ampère et donc une différence I2-I1 aisée à mesurer.


débitmètre à ultrasons

On dispose un émetteur et un récepteur d'ultra-sons le long de la canalisation et on mesure le temps écoulé entre l'émission d'une impulsion et sa réception. Ce temps dépend à la fois de la vitesse du son dans le liquide mais aussi de la vitesse de l'écoulement qui peut-être turbulent. Il est clair que le fluide doit être propre car la dispersion des ondes acoustiques provoquées par des particules solides en mouvement gènerait considérablement la mesure. On emploie ce procédé plutôt dans des canalisations de grand diamètre et pour des fluides pour lesquels la méthode précédente ne convient pas, c'est à dire typiquement pour les hydrocarbures. La précision est importante et le temps de réponse s'exprime en millisecondes (mesure de temps).


L'émetteur rayonnant selon une sphère, il n'est pas nécessaire de positionner l'émetteur et le récepteur en face l'un de l'autre, c'est à dire de les orienter d'un certain angle par rapport à la direction de la canalisation. Il en résulte que ces deux éléments ne débordent quasiment pas à l'intérieur de celle-ci, ce qui n'entraine aucune perte de charge. En pratique on disposera d'un système double : on mesurera d'abord le temps de transit comme sur la figure (dans le sens de l'écoulement) puis on inversera émetteur et récepteur et mesurera le transit contre l'écoulement et c'est à partir de la différence de ces deux temps que l'on déterminera la vitesse de l'écoulement et donc le débit.


Lw est la distance entre les deux transducteurs, c la vitesse du son, va la vitesse axiale moyenne recherchée.


débitmètre doppler

Ce débitmètre a été développé spécifiquement pour les fluides chargés de particules solides ou de bulles gazeuses. On emploie ici encore des dispositifs ultrasonores, mais ceux-ci sont ici très voisins (généralement intégrés dans le même boitier) et l'onde ultrasonore émise par l'un va être réfléchie par les particules en mouvement en provoquant un glissement de fréquence directement proportionnel à la vitesse de l'écoulement (selon le même principe utilisé par certains radars routiers).


Ici encore le procédé est réservé aux grandes canalisations, cependant sa précision reste médiocre (plutôt de l'ordre de 5%).