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première version décembre 2006
dernière mise à jour
21 janvier 2015

Que faire pratiquement

introduction
l'urgence d'agir
les gestes au quotidien
quelques pistes
l'action des collectivités
des incitations
le scenario de Négawatt
une prospective réaliste

Introduction

La plupart de nos concitoyens ont compris que le message des scientifiques concernant le dérèglement climatique était sérieux. Mais la plupart n'arrivent malheureusement pas à imaginer ce qui les attend réellement si l'on ne fait rien pour endiguer cette augmentation moyenne de température de la planète, beaucoup par contre semblent prêts à "faire quelque chose" du moment que ce n'est pas trop contraignant mais quoi faire? Un certain nombre d'experts ont déjà de longue date réfléchi à la question mais les média traditionnels se refusent généralement à transmettre l'information, soit par simple bétise, soit parce qu'ils sont gérés par des lobbies peu soucieux de l'intérêt général. Aussi nous allons apporter dans ce chapitre quelques éléments de réponse à cette question : que peut faire le citoyen lambda à son échelle et que peuvent faire les collectivités?

L'idée fondamentale qui sous-tendra le développement est la suivante : Si nous n’agissons pas rapidement, une crise de l’énergie inéluctable va entraîner des conséquences environnementales majeures, une profonde inégalité, des dizaines de millions de réfugiés et , in fine, des conflits internationaux de grande ampleur. il est donc indispensable de rompre avec la croissance illimitée de nos consommations, partager les ressources de façon équitable et contribuer à la solidarité entre les hommes. Ceci peut se faire par de petits gestes au quotidien aussi bien que par des programmes transnationaux d'envergure. Il faut donc promouvoir la sobriété des dépenses énergétiques, l'efficacité dans l'usage de l'énergie et le développement des énergies dites renouvelables en se rappelant qu'il n'y a pas une solution manichéenne au problème qui se pose à notre planète mais de multiples actions à entreprendre simultanément.

Les réserves disponibles d’énergies fossiles exploitables à bas prix sont dérisoires à l’échelle de l’humanité. Au rythme de notre consommation actuelle, il nous reste quelques décennies de pétrole et de gaz, un peu plus pour le charbon et même l'uranium sera épuisé avant 2050, sans que l'énergie nucléaire ne représente guère plus que 8% (dans le meilleur des cas) des besoins de l'humanité. Les technologies futures du type surrégénérateurs, ou centrales solaires sur orbite relèvent actuellement de la science fiction et quand bien même seraient-elles réalisables (ce dont beaucoup de vrais scientifiques doutent) ce ne serait sans doute pas avant au moins une cinquantaine d'années et à des coûts absolument exorbitants. La planète ne peut attendre cinquante ans.

Les gestes au quotidien

En fait notre consommation d'énergie électrique se répartit en quelques postes: l'éclairage, le chauffage, les appareils électro-ménagers. Pour réduire intelligemment sa consommation d'énergie, le consommateur dispose d'ores et déjà d'un certain nombre de possibilités simples. Par exemple remplacer toutes les ampoules électriques à filament de 75 et 100W par des ampoules basses sonsommation de 15-20W voire moins. On gagne ainsi un facteur 5 sur la consommation. Au niveau du chauffage il faut améliorer l'isolation des bâtiments anciens. Ceux construits avant 1975 ne sont généralement pas isolés. Pour les bâtiments neufs il conviendrait d'en choisir l'orientation par rapport au soleil ce qui permet de substantielles économies (faire pivoter d'un quart de tour un bâtiment peut économiser 30% du chauffage), or trop souvent l'orientation est encore choisie par rapport à la rue. Pour l'eau chaude sanitaire il est très possible de généraliser l'utilisation du chauffe-eau solaire dont la rentabilité est maintenant garantie en quelques années. De la même manière construire une maison bioclimatique devrait être un réflexe du nouveau constructeur. Lors de l'achat d'un appareil électro-ménager se préoccuper de sa consommation réelle et choisir celui qui sera le plus efficace doit devenir un automatisme.

Le second poste de consommation énergétique concerne l'automobile. Est-il indispensable d'utiliser une voiture pour aller chercher un paquet de cigarettes? (ne vaut-il pas mieux d'arrêter de fumer!) ou pour emmener ses enfants à l'école distante de quelques centaines de mètres? A-t-on réellement besoin d'une voiture à 7 places quand on est seul? Est-il judicieux d'accélérer comme un fou pour devoir freiner 100 m plus loin car il y a un rond-point? A titre personnel le rédacteur de ce site possèdait depuis le début 2002 une voiture diesel (avec filtre à particules) qui est censée consommer 7l aux 100kms, elle en a consommé en réalité 5.9 (statistique sur 107000 km comportant sensiblement un tiers d'agglomération, un tiers d'autoroute et un tiers de départementales/nationales) et pourtant je roule généralement à près de 90km/h sur les routes françaises, mais je respecte scrupuleusement les limitations de vitesse et pour cela j'évite les coups de frein et d'accélérateur inutiles en anticipant, cependant selon une étude d'un garagiste ami la majorité de ses clients équipés du même véhicule sont à 8,5l aux 100kms ou plus (l'ordinateur de bord mémorise la consommation sur ce véhicule et donc cette statistique est fiable), il y a donc des progrès gigantesques à faire. D'aucuns diront "oui mais tu vas moins vite que les autres". Certes en apparence, mais je répondrais en rappelant les chiffres que me fournit mon ordinateur de bord. Ma vitesse moyenne s'établit à 59km/h sur 107000km, mais l'automobiliste qui roule "à fond la caisse" et consomme 8.5l/100km obtient une moyenne de seulement 62km/h sur une distance parcourue qui était le jour du relevé de 87600km... J'aimerais que les automobilistes prennent conscience de cette réalité et que sur 100000km leur passage à la pompe leur a coûté près de 3000€ de plus qu'à moi, sans compter l'usure du moteur, des pneumatiques et des freins qui est sensiblement plus rapide lorsqu'on conduit inintelligemment (pour mémoire j'ai changé les plaquettes de freins à 95000km et pourtant sur l'un de mes trajets les plus fréquents entre mon domicile et le campus rouennais il y avait, sur 31km, la bagatelle de 5 stops, 7 feux rouges non synchronisés, et 14 rond-points plus une demie douzaine de dos d'âne particulièrement pervers). En 2009 j'ai changé de véhicule : le moteur est identique, le poids équivalent mais ma nouvelle voiture est dotée d'un régulateur de vitesse que j'utilise intensément. Résultat sur 80000km (au 25 janbier 2015) la consommation s'établit à 5.1 l aux 100kms. Et je suis persuadé que l'on pourrait faire encore mieux.

D'une manière générale il faut éviter le gaspillage, favoriser le recyclage.

L'action des collectivités

L'action des collectivités peut évidemment être très importante puisqu'elles peuvent montrer l'exemple, avoir des politiques incitatives, et même coercitives. Nous ne ferons pas le tour de la question ici mais allons simplement donner quelques pistes.

Au niveau du bâtiment il est possible d'inciter à mieux isoler les bâtiments et les équiper de capteurs solaires (pour le chauffage, l'eau chaude ou de type photovoltaïque) grâce à des mesures fiscales appropriées. Il en est de même pour les appareils électriques dont l'étiquetage devrait permettre une comparaison aisée des performances énergétiques. Au niveau de l'automobile aussi des mesures d'incitation à réduire la taille et la consommation sont possibles, tandis que des mesures d'incitation à utiliser les transports en commun ou la marche à pied nécessitent une réflexion intelligente des élus. Par ailleurs faciliter le télétravail devrait aussi permettre de réduire l'emploi du véhicule personnel. Notons cependant l'ineptie des pouvoirs publics et des jjournalistes qui nous racontent à longueur de journée que le diesel est hyperpolluant et qu'il vaudrait mieux utiliser l'essence super. Sauf que à moteur équivalent la voiture à essence consomme 30% de carburant de plus et génère environ 30% de gaz à effet de serre que le diesel, et donc aggtave plus le réchauffement climatique. Ce que ces énarques ignares oublient de vous dire c'est qu'ils sont télécommandés par le lobby pétrolier qui gagne plus d'argent avec le super...

un scénario réaliste

Enfin je vous conseille la lecture du dernier rapport de l'association négawatt dont les experts ont étudié toutes les possibilités de faire des économies et réalisé une projection jusqu'en 2050 qui montre qu'il est possible de réduire drastiquement notre dépendance des énergies fossiles (donc de réduire sensiblement notre participation à l'effet de serre) en exploitant les possibilités actuelles des énergies renouvelables d'une part et en réduisant nos consommations individuelles d'autre part sans pour autant revenir à l'âge de pierre mais au contraire en améliorant notre qualité de vie globalement. Ci-dessous deux diagrammes issus du scénario 2006 de negawatt indiquant les évolutions soutenables. A gauche l'évolution de la consommation d'électricité et à droite celle de chaleur.

source scénario 2006 negawatt
source scénario 2006 negawatt

Sur le diagramme de gauche on a indiqué la consommation d'électricité (exprimée en TWh): la courbe orange reflète la continuation de la tendance actuelle si l'on ne prend aucune mesure concrète, tandis qu'en bleu on a l'évolution en exploitant toutes les recommandations chiffrées de Negawatt. On voit que malgré l'augmentation prévue de population la consommation peut légèrement décroître. Dans celle-ci la part des combustibles fossiles en marron décroit fortement tandis que les énergies renouvelables viennent progressivement se substituer et occuper une part prépondérante dès 2030. Les deux courbes du bas présentent en rouge les économies obtenues en réduisant les gaspillages et en violet en augmentant les performances énergétiques des matériels.

Sur le diagramme de droite on a représenté l'évolution de la consommation liée au seul chauffage avec les mêmes courbes que pour l'électricité. Pour permettre la comparaison on a exprimé les données en TWh bien que le chauffage ne soit pas exclusivement d'origine électrique, mais majoritairement obtenu à partir de combustibles fossiles. On voit que l'on pourrait en améliorant (avec les techniques d'aujourd'hui et sans tenir compte d'éventuels progrès technologiques) les performances énergétiques des bâtiments réduire de presque moitié la consommation d'énergie pour le chauffage des locaux et ainsi exploiter essentiellement les énergies renouvelables (solaire et biomasse essentiellement).

Ce scénario est réaliste mais sa réalisation dépendra de la volonté des citoyens et des élus (c'est à dire de la pression qu'exerceront les citoyens sur leurs représentants. N'oubliez jamais que les élus sont souvent très sensibles aux lobbies industriels les plus anti-écologie et sans doute pour nombre d'entre eux aux "petits cadeaux" offerts par ces groupes de pression dont les sièges sociaux sont d'ailleurs basés dans divers paradis fiscaux, ce qui revient à dire que pour obtenir un résultat allant dans le bon sens il faudra une ENORME pression populaire), l'avenir de la planète en dépend, ne l'oubliez pas et ne comptez pas sur les autres. La France a les moyens potentiels de montrer l'exemple (mais il faudrait évidemment une autre politique). En outre ce scénario est créateur de très nombreux emplois, donc économiquement très intéressant. Il faudrait aussi que l'Europe et tout particulièrement la Commission Européenne cesse de s'agenouiller devant ces lobbies qui exploitent la main d'oeuvre chinoise, indienne ou malgache (ou d'autres pays plus proche géographiquement...) sans même permettre à ces travailleurs de vivre décemment.

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