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version
initiale 2002 |
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dernière
mise à jour 22 mars 2013 |
deuxième partie (2/5) : hygromètres à point de rosée et à impédance variable
un
procédé optique |
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peu
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le
plus utilisé industriellement |
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la
désaturation ! |
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hygromètre
à point de rosée
Pour mesurer lhumidité relative on peut aussi en pratique procéder à la mesure de la température de rosée avec un hygromètre dit à point de rosée dont le schéma de principe est figuré ci-dessous. Il sagit en fait de prélever un échantillon de lair à mesurer et de lamener au contact dun miroir que lon refroidit et dont on mesure la température. Lorsque celle-ci atteint le point de rosée leau se condense et le faisceau lumineux nest plus réfléchi par le miroir, la mesure de la température à linstant dinterruption du faisceau permet de connaître la température de rosée et par suite lhumidité relative de lair.
En pratique un tel dispositif possède un temps de réponse élevé car le capteur de température (résistance de platine) se trouve en situation intermédiaire entre le bloc thermoélectrique et le miroir ce qui revient à dire quen phase de refroidissement sa température est inférieure à celle de la surface du miroir, et quinversement en phase de réchauffement (par inversion du générateur thermoélectrique) elle est supérieure. Lobtention dun résultat précis implique donc un processus alternatif et itératif de chauffage-refroidissement jusquà obtention dune valeur limite ce qui peut prendre de nombreuses minutes.
Notons toutefois que les progrès récents des nanotechnologies
ont induit une miniaturisation de ce dispositif (ex : au Centre de microtechniques
de Neuchatel), réduit à un cube d'environ un inch de côté
et de constante de temps ramenée à l'échelle de la minute.
Les hygromètres à variation d'impédance sont des capteurs dont l'élément sensible possède des propriétés hygroscopiques, c'est à dire, dont la teneur en eau varie en fonction du taux d'humidité de l'air avec lequel il est en équilibre.
Il existe principalement deux types de capteurs à variation d'impédance: les hygromètres résistifs et les hygromètres capacitifs.
Sur un support de faible dimension, on dépose une quantité de substance hygroscopique suivant un motif constituant une résistance. Celle-ci dépendra donc à la fois de la teneur en eau et de la température.
Ex: le capteur type H104C de Toshiba
Si cette solution donne théoriquement des temps de réponse courts, la courbe de réponse d'un tel capteur montre un hystérésis important et une nette tendance à dériver en température.
Le domaine de mesure pour ce type de capteur s'étend généralement de 5% à 95% d'humidité pour des températures comprises entre -10°C et 50°C. Le temps de réponse est théoriquement de l'ordre de 10s pour une précision de 5% environ.
Les hygromètres capacitifs
Le principe de ce type de capteur est basé sur la variation de la capacité
d'un condensateur par l'intermédiaire de sa constante diélectrique.
Le diélectrique, d'une épaisseur de quelques microns, absorbe
les molécules d'eau de l'air ambiant jusqu'à l'équilibre.
Sa capacité est alors donnée par la formule:
En général, pour ce genre de capteurs, le diélectrique utilisé est soit l'oxyde d'aluminium, soit un polymère. Aux dires des constructeurs, les performances de ces capteurs sont très correctes de 5% à 99% d'humidité et sur une très large gamme de température (de -40°C à +80°C). Le temps de réponse est de 2 à 3 secondes pour une précision de l'ordre de 3%. La principale difficulté liée à ce concept est quil implique à la fois une faible épaisseur de diélectrique (pour obtenir une valeur importante de C) et une grande facilité daccès au coeur du diélectrique (pour obtenir à la fois sensibilité et faible temps de réponse) ce qui est contradictoire. La solution consiste à imaginer un procédé de fabrication conduisant à lobtention dune armature poreuse, soit sous forme dune couche métallique très mince de quelques nanomètres d'épaisseur, généralement de l'or qui est chimiquement très peu réactif mais fragile à l'abrasion, soit, comme dans lexemple ci-dessous, sous forme dune électrode métallique épaisse (quelques micromètres) mais craquelée.
La figure ci-dessus représente un capteur capacitif développé au LETI (Grenoble) et commercialisé par la compagnie CORECI à Lyon. Il sagit dun principe à base délectrode active en chrome et de polymère craquelés ce qui lui confère une très grande surface déchange et donc une bonne sensibilité ainsi quune certaine immunité à la pollution.
Le principal
intérêt des hygromètres à variation d'impédance,
qu'ils soient résistifs ou capacitifs, réside dans le fait que
leur mise en oeuvre peut se faire à partir d'une électronique
simple (pont de Wheastone ou oscillateur). Mais ils possèdent cependant
quelques inconvénients:
Il est souvent difficile d'obtenir des caractéristiques parfaitement reproductibles. Si l'on veut avoir une bonne précision, il est nécessaire d'étalonner individuellement chaque capteur. Les caractéristiques du matériau hygroscopique évoluent avec le temps. leur utilisation en milieu pollué provoque rapidement un encrassement du capteur, impliquant non seulement une augmentation du temps de réponse mais aussi parfois des mesures totalement erronées. Enfin, s'il est relativement facile de passer d'un taux d'humidité faible à un taux élevé, l'inverse n'est pas toujours vrai. Le capteur doit en effet évacuer l'excédent d'humidité qu'il a emmagasiné. Selon les cas, le "temps de purge" peut varier de quelques minutes à quelques heures!!!
difficulté d'emploi : la condensation
Comme nous l'avons vu dans cette présentation, le comportement des capteurs est très influencé par le milieu extérieur. Les problèmes liés aux phénomènes de condensation, d'absorption, de pollution, de vieillissement, de sensibilité à la température, d'inertie ne sont pas résolus de manière satisfaisante.
En particulier, aucun capteur commercialisé n'est à l'heure actuelle capable de fonctionner avec un temps de réponse acceptable après passage en atmosphère saturée d'humidité., tout particulièrement si la durée de saturation est importante. On constate en effet des « temps de purge » prohibitifs ainsi que nous allons le montrer dans lexemple expérimental ci-après, vérifié à plusieurs reprises lors d'études climatologiques de longue durée dans la grande banlieue rouennaise et à proximité de labbaye de Saint-Wandrille.
La figure ci-dessous permet de comprendre le problème principal rencontré avec les capteurs de type capacitif du commerce. Lexpérience réalisée en extérieur, en Haute Normandie, en juin 1987, est la suivante:
On dispose deux capteurs identiques en milieu extérieur. En fin de journée, lun est maintenu en extérieur, tandis que lautre est rentré à l'intérieur d'un local fermé (bureau du chercheur). Pendant la nuit, le capteur en milieu intérieur indique normalement 60 % dhumidité relative ce qui est la valeur effective dans le local considéré. Le capteur extérieur quant à lui voit une humidité relative beaucoup plus importante (en raison de la chute de température nocturne) et son point de fonctionnement se déplace au cours de la nuit du point d jusquen b (apparition de rosée) puis jusquen a. Le lendemain matin, vers huit heures, le capteur maintenu en intérieur est à nouveau placé en extérieur et, au bout de quelques minutes, il indique une humidité relative de 100% correspondant au point représentatif a sur le diagramme de Mollier, comme le capteur maintenu toute la nuit en extérieur.
Fig. Comportement comparé de deux capteurs
La deuxième phase de lopération est instructive. En effet, lors de la remontée de température matinale, on constate un comportement divergent des deux capteurs:
le capteur, maintenu nuitamment en intérieur, suit une évolution que lon peut qualifier de parfaitement normale et son point représentatif, en fonction du temps, se déplace de a vers d (en bleu sur la figure) montrant que lhumidité relative diminue tandis que la re-évaporation de la rosée traduit une légère augmentation de lhumidité absolue de lair pour retrouver sensiblement la valeur de la veille. Le capteur qui a passé une nuit complète en extérieur, voit son point représentatif suivre une trajectoire différente et tout à fait aberrante. Dans un premier temps, il indique une humidité à saturation (point a jusquà b) qui pourrait sembler normale si lon navait pas à notre disposition lindication différente de lautre capteur, puis suit la trajectoire de b vers c qui traduit en apparence une augmentation de lhumidité absolue au delà de la valeur de la veille. Cela est surprenant car les conditions climatologiques régnant ce jour là (et que lon a retrouvées lors dune expérimentation ultérieure en octobre) indiquaient quaucun des paramètres climatologiques navait évolué depuis la veille, et en particulier il ny avait pas de vent et le ciel était complètement dégagé. En un mot il ny avait dans lenvironnement du capteur aucune source nouvelle dhumidité et lhumidité absolue une fois la rosée revaporisée ne peut donc continuer à augmenter. Le processus sest pourtant poursuivi en apparence jusquà 11 heures, puis en environ deux minutes lindication du capteur est passée du point c au point d laissant supposer que brutalement, à température légèrement croissante (mais quasi constante) lhumidité absolue en excès aurait été miraculeusement résorbée. Ce qui est évidemment physiquement inconcevable.
Lexplication rationnelle est la suivante: pendant la nuit, la condensation a été importante et le capteur est en fait "noyé" et il a fallu plus de trois heures pour revaporiser la totalité de leau condensée (et en partie physiquement adsorbée sur et dans le diélectrique) et pendant tout ce laps de temps le capteur avait donc une indication sans rapport avec la réalité, la dernière phase de ce comportement aberrant correspondant au désorbage de leau dans le diélectrique et donc à cette apparente décroissance rapide de lhumidité de lair (point c à d).
En pratique, si lon navait pas disposé dun second capteur dans cette expérimentation, dont on soit certain de la qualité de lindication, et si les autres paramètres climatologiques navaient pas été connus, et particuliers ce jour là, il aurait été impossible de détecter ce comportement aberrant. Et lon voit bien la conclusion quil faut en déduire, cest que lon ne peut faire confiance à un capteur dhumidité, opérant en milieu extérieur, dès lors quil y a eu une phase nocturne de condensation importante (ce qui est fréquent).
Dans la partie suivante, nous allons donc définir la solution, basée sur le concept de capteur intelligent, envisagée pour résoudre une partie de ces problèmes et ainsi donner le principe d'un nouveau capteur et de son électronique.